En vrac:
- chaque Caisse - il y en a 17 - est autonome. Ainsi, la Caisse d'Ile de France provisionne des sommes pour indemniser à l'amiable des porteurs de Doubl'ô, d'autres, non. Mais, chut, les clients qui sont indemnisés ne doivent pas le dire. Promis, nous ne le répéterons pas. La Caisse Midi-Pyrénées a de son côté provisionné plusieurs millions pour indemniser des collectivités locales, à l'amiable également.
- pourquoi les collectivités locales? Parce qu'on leur a trop souvent proposé des "crédits structurés", autrement dit à taux variable, qui se sont révélés catastrophiques dès que les taux ont augmenté.
- la banque et les épargnants sont dans le rouge, mais les dirigeants sont dans le vert, voir les rémunérations variables versés aux patrons de la Caisse d'ile de France, jusqu'à 156 000 euros pour un seul directeur! Pas mal pour une banque "coopérative"...
- cet esprit "coopératif" se fait d'ailleurs de plus en plus discret. Ainsi comme dans la plupart des banques, on vend en priorité les produits qui rapportent le plus: par exemple le crédit renouvelable, dont la variété locale s'appelle Teoz (comme les trains grandes lignes de la SNCF), avec des taux qui vont de 14 à près de 20%!
- place au NCA! C'est quoi? Le "Nouveau Concept d'Agence": finis, les guichets où on pouvait verser de l'argent ou en retirer, commander un chéquier, désormais le sociétaire-client aura affaire à des automates, sans doute d'un modèle "coopératif". On pourra aussi s'adresser à la "plate-forme" téléphonique. Ne restent au guichet que des vendeurs de produits,à commencer et en priorité par ceux qui sont les plus juteux pour la banque.
- car nous sommes entrés dans le monde du "bench-marking". Concurrence permanente entre les salariés pour qu'ils vendent à tour de bras des assurances-vie (avec en prime une invitation au restaurant ou des bons-cadeaux), du crédit revolving Teoz, on l'a dit, plutôt que des prêts personnels qui rapportent moins, ou du Natixis encore récemment (objectif: les "rouges", les caisses d'Epargne doivent battre les "bleus", les employés des banques populaires). Nous publierons des extraits de courriers envoyés à des commerciaux, qui sont priés de "pousser des cris de victoire, des cris de primitifs" quand ils ont réussi à remplir leurs "objectifs de vente"!
- or, nous ne cessons de le répéter: là où il y a des "objectifs de vente", il n'y a plus de "conseillers".
- résultat: les clients sont mécontents, et la pression sur les employés devient insupportable. Enquête menée par SUD sur la "souffrance au travail" dans les Caisses d'Epargne en 2008 (voir le "Parisien" du 8 avril 2009): 87,7% des commerciaux et 82,4% des employés des plateformes téléphoniques "ressentent de l'agressivité de la part de la clientèle"! Et 70,4% des commerciaux répondent "non" à la question: "avez-vous l'impression que le travail que vous effectuez réellement correspond à l'idée que vous vous faisiez de votre poste?"...

(à suivre)